Ailleurs maintenant

nahtrang

 Il me semble que cela fait une éternité que je n’ai pas vécu au grand air. Celui fait de ciels immenses comme on n’en fait plus dans nos villes aux toits trop hauts, aux maison trop serrées comme si elles craignaient le froid de la solitude, parce qu’on a perdu l’habitude de ne vivre qu’avec soi, parce qu’on est quand même plus forts quand on est ensemble. Ensemble sans trop se regarder, chacun bien trop occupé à trouver un moyen d’exister.

Que le temps me semble long, qui s’étire du petit jour à la tombée de la nuit. J’ai la fin du mois d’août qui me monte à la tête et l’impatience juste là au bord du coeur. C’est insupportable comme je meurs d’envie d’être ailleurs. (…)

Un autre jour, je m’effraye du temps qui s’échappe sans rien demander d’autre en retour que « Et que fais-tu de ta vie, maintenant ? ». Moi qui ai tant travaillé à sentir battre le sang dans mes veines à chaque seconde, à prendre le temps d’être ici et maintenant, je rougis de me voir fuir vers un bonheur hypothétique de deux petites semaines seulement. La promesse de ce sursis de rien du tout mérite-t-elle que je lui donne en offrande tous les jours que je décompte jusqu’à lui ? Je pense « Et que fais-tu de maintenant ? » et ma gorge se serre, alors « Qu’est-ce que tu attends ? ».

Tout à coup, ce besoin de me consacrer à donner du sens s’empare pour un temps de ma raison et je rêve d’avoir le courage de ne plus rien subir au nom de la sécurité – une chimère, à n’en pas douter -, je rêve de ne plus me surprendre à vivre dans l’attente, le regard tourné vers un demain qui vient – Dieu ! qu’on le sait pourtant trop bien – toujours un peu trop tard, toujours un peu trop loin.

(Ecrire ces mots et tomber sur le post de Mai qui parle si bien de ça, aussi.)

Post Scriptum : J’ai adoré vous lire en réponse à l’article précédent. C’est beau de prendre le temps d’écouter le rapport que d’autres entretiennent avec la lecture, ces petits récits de vie sont si intimes et si universels à la fois. Pour celles/ceux qui seraient tentés de se raconter en échange de quelques romans, vous avez encore jusqu’à ce dimanche à minuit pour nous faire voyager.

D’ici là, prenez soin de vous, surtout.

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3 comments

  1. J’ai découvert ton blog hier soir, et depuis je bois chaque article avec avidité : que j’aime ta façon d’écrire ! Les mots coulent naturellement, le ton est doux et fort à la fois, il nous force à la rétrospection sur notre propre vie et opinion. Merci, pour cette petite prise de conscience aujourd’hui. Moi non plus, je ne veux pas juste attendre que les jours meilleurs arrivent, moi aussi, je veux réussir à mettre de la lumière et du bonheur dans l’attente qui semble interminable.

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