Nos belles histoires (& un cadeau)

lectures_juillet

Je devais avoir dix ans, tout au plus, lorsque j’ai lu pour la première fois, les coudes enfoncés dans les draps, « L’histoire d’Helen Keller ». En ce temps-là, je considérais les quelques dizaines de livres qui constituaient la petite bibliothèque familiale comme un trésor de belles histoires. J’estimais alors qu’il devait y avoir derrière ces couvertures dépassées tout ce qu’il eut fallu connaître en matière de littérature pour prétendre faire partie des braves gens. Aujourd’hui encore, je remercie mes parents d’avoir eu le bon goût de nous laisser naviguer sans boussole le long des étagères de bois, si bien que j’aurais pu entreprendre la lecture des sept tomes d’« A la recherche du temps perdu » à douze ans sans que l’on ne s’étonne de rien à la maison – depuis j’ai tenté de lire Proust cinq fois sans succès, c’est terriblement regrettable mais je crois que je m’en accommode plutôt bien.

Mes lunettes rondes sur le bout du nez, j’ai lu « L’histoire d’Helen Keller » jusqu’à la connaître par coeur, jusqu’à apprendre le braille toute seule dans le dictionnaire au petit matin, jusqu’à en oublier de dormir la nuit à force de guetter les odeurs d’incendie, jusqu’à envisager l’écriture de romans sur ma machine à écrire en plastique bleu et blanc. Après Helen, il y a eu « La grande crevasse » et mes mains gelées par le froid, « Le vieil homme et la mer » et le sel pris dans mes cheveux, et puis Jules Verne et Lafontaine et Molière et Barjavel et Tolkien et Maupassant, et puis Rimbaud. Et puis les autres, tellement d’autres, qui me passaient entre les doigts au détour d’un rayon de la grande bibliothèque communale le mercredi après-midi et que je fourrais par cinq dans mon cartable « pour deux semaines s’il-vous-plaît » – j’avais découvert entre-temps que je n’aurais pas assez d’une vie pour lire tout ce que les gens de lettres avaient à me dire et décrété qu’il n’y avait plus de temps à perdre.

Les livres, de quelque nature qu’ils soient, continuent à affiner le spectre au travers duquel je comprends le monde du haut de mes vingt-six printemps. Et si je n’ai jamais vraiment cessé de lire, il me reste une flotte entière de caravelles pleines de mots à découvrir.

Alors, j’ai quelque chose à vous proposer. Un petit jeu où on aurait tous un petit peu à gagner. Vous me racontez d’ici dimanche soir minuit comment un livre en particulier a marqué un moment de votre vie et moi, en échange, j’offrirai à l’un(e) d’entre vous – choisi(e) par le plus grand des hasards – l’intégralité de mes lectures de juillet*. Les seules conditions pour prétendre à ce petit cadeau sont de résider quelque part en Europe et de n’avoir aucune velléité particulière envers les livres de seconde-main.

Au plaisir de vous lire à mon tour. D’ici là, prenez soin de vous.

* « Mille jours en Toscane » de Marlena de Blasi, « Corps et âme » de Frank Conroy, « La liste de mes envies » de Grégoire Delacourt, « No et moi » de Delphine de Vigan et « Voyez comme on danse » de Jean d’Ormesson.

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48 comments

  1. Depuis que je suis adolescente, je fais ce qu’on appelle des dépressions récurrentes : ma vie est entrecoupée d’épisodes dépressifs entrecoupés de moments de grâce.
    J’ai eu un grave épisode vers mes 15 ans, où je mourrais d’envie de mourir.
    A cette période-là de ma vie, je lisais la saga Percy Jackson, et j’en étais fan. Tous les personnages m’insupportaient sauf un : Luke Castellan. C’était un personnage qui me fascinait.
    Lorsque j’avais envie de mourir, je me persuadais que ce personnage allait venir me chercher et me sauver. Je ne savais pas pourquoi, j’en étais persuadée.
    Encore maintenant, je me demande si ce n’est pas grâce à lui si je suis toujours là.
    Dans quelques mois je me fais tatouer son nom sur mon bras.

    Merci pour ce petit jeu, ça m’a fait plaisir de raconter ce passage de ma vie, qui reste quelque chose d’important pour moi.
    J’en profite pour te dire que j’aime beaucoup ton blog. Je ne suis pas quelqu’un qui essaie d’être plus minimaliste, de moins alourdir mon quotidien, mais j’aime ta façon de le faire, ton blog est comme un vent frais.
    Passe un bon mois d’août.

    1. C’est très fort ce que tu livres là, merci pour cette confiance. C’est aussi une très belle histoire, on devrait toujours avoir dans la peau ceux qui nous ont fait avancer. Très beau mois d’août à toi aussi :)

  2. Des livres, j’en ai pas lu mais bu des siautés comme on dirait ici. Mes parents m’ont toujours emmené à la bibliothèque dès que j’ai su lire et j’ai tjs eu le choix de mes lectures. Ils m’ont conseillé des livres bien sur, ceux qu’ils avaient aimé.

    Celui qui me marquera le plus : « le club des cinq joue et gagne », oui on est loin des classiques ou autres livres à prix littéraires. Mais ce livre mon père est venu me le donner un soir de mes 8 ans, c’était le sien, celui de la bibliothèque rose avec la couverture cartonnée et une douce odeur de vieux papier s’en dégageait. Ce livre représente bcp pour moi car c’est un moment partagé avec mon père, une complicité, je m’etais sentie speciale et digne de sa confiance. Je suis encore à l’heure actuelle nostalgique des club des cinq et un un jour c’est moi qui donnerai ce livre…

    1. Ah, le club des cinq :) C’est beau cette filiation, c’est d’ailleurs à mon sens une des plus belles choses que permettent les lectures. On ne dit jamais à quelqu’un « Tu devrais lire ceci » par hasard. Je te souhaite d’avoir l’occasion de poursuivre cette petite chaîne, vraiment.

  3. Chouette idée que ce concours, si j’ose dire.

    Le premier livre que je me souviens avoir lu est Le royaume de Kensuké de Michael Morpurgo. Je me souviens de sa couverture bleu avec au centre, un petit garçon sur une île déserte peinte à l’aquarelle. Je l’aimais tellement que je voulais absolument que tout le monde autour de moi le lise. C’est un général un signe que j’ai vraiment adoré un livre. Je me rappelle confusément une île, un vieillard, mais pas grand chose de plus. Les livres laissent souvent une impression sur moi plus que le souvenir d’une histoire en bonne et due forme. Pour compenser, parce que ça peut quand même être problématique, je prends des notes en lisant.
    Plus récemment, L’écriture ou la vie de Jorge Semprun m’a profondément marquée.

    1. Je partage tellement ton impression. J’ai également tendance à retenir des livres que j’ai lus davantage des sensations, des atmosphères, que le récit à proprement parler. Et tu me donnes très envie de découvrir « L’écriture ou la vie », je m’empresse de noter cette référence, merci beaucoup.

  4. Le livre qui m’a beaucoup marqué est « Le maître des illusions » de Donna Tartt. Dès les premières pages du livre, on est plongé dans une tension et mal-être incroyable. C’est très troublant et en même temps, impossible de lâcher ce livre avant la fin !

  5. Oups j’ai posté avant de finir d’écrire. Donc… tu racontes tellement bien ta relation à la lecture… Mon livre préféré ou qui m’a le plus marqué plutôt, c’est une histoire de Torey Hayden, l’enfant qui ne parlait pas, qui raconte comment elle a réussi à apprivoiser une gamine que tout le monde trouvait juste bonne pour l’asile de fous.
    Je serai ravie de découvrir tes lectures, il y en a une du lot que je connais et que j’ai beaucoup aimé (No et moi).
    Bises

    1. La thématique de ce livre a l’air absolument fascinante, je note tout ça. Par contre, j’avais peut-être trop d’attentes concernant « No et moi » (on en a tellement entendu parler) et je n’en garde pas un souvenir fou. Mais cela reste une très belle histoire.

  6. Oh super idée de concours, c’est chouette de faire découvrir tes livres préférés !

    Ma maman m’a toujours lu des livres avant même que je sache lire et on passait les mercredis après-midi entiers à lire. Et il y en avait un que j’empruntais à chaque fois à la bibliothèque « le clown de toutes les couleurs », tant est si bien que j’ai fini pas le connaitre par cœur et je le « lisais » à voix haute. Les bibliothécaires ont cru que je savais déjà lire alors que je n’avais que 2 ans ! ^^

    Charline

    1. Ce ne sont pas forcément mes livres préférés, disons qu’ils me sont chers du fait de leurs statuts de « premières lectures » :)
      Ton histoire est rigolote comme tout, et me fait penser à moi petite (un peu moins petite, cependant) qui était capable de réciter des cassettes audios de Marlène Jobert par coeur. La capacité d’attention des enfants est fascinante !

  7. Je découvre ton blog et… quel joli lieu ! Plein de délicatesse et de douceur :)

    Un des livres qui m’a le plus marqué est « L’étranger », de Camus… Il a résonné fort en moi à un moment (très) difficile de ma vie, où je m’étonnais du détachement que j’avais par rapport aux événements. Même si je n’irai vraiment pas jusqu’à me comparer au personnage principal, à l’époque ce livre m’a fait énormément réfléchir… et m’a fait un peu peur aussi.

    Belle idée de concours, j’aimerais beaucoup découvrir tes lectures… Belle journée à toi !

    1. Ca m’interpelle beaucoup ce que tu dis sur le détachement vis-à-vis des choses. Je pense que si j’avais analysé « L’Etranger » comme j’ai pu le faire à l’université (des dizaines d’heures ont été consacrées à ce roman) mais plus tôt dans ma vie, j’aurais pu être complètement renversée par l’évidence. C’est un récit à la fois très riche et très dur, il nous met face à des questionnements tellement primitifs et tellement actuels. Merci d’avoir partagé ça :)

  8. J’aime beaucoup l’idée du sujet de ton post et surtout, il y a UN livre qui m’a marqué! Avec le recul, je ne sais même pas s’il était bien écrit, s’il l’auteur est connu mais je l’ai lu dans mon adolescence et il m’a parlé, il m’a secoué et j’y repense encore! D’ailleurs je devrais le re-lire car je ne me souviens plus de l’histoire exacte mais je me souviens de l’ATMOSPHERE du livre et surtout des frissons que j’ai eu en le lisant :
    « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans » De Barbara Samson
    De l’amour, du déchirement et en pleine adolescence, ce livre a résonné dans ma tête !

    1. Ohlala, quand j’avais 16-17 ans et que Rimbaud était pour moi le plus grand des poètes, j’avais été outrée d’apprendre que quelqu’un d’autre s’était approprié son célèbre « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans ». Mais, maintenant que j’ai le recul nécessaire pour ne plus me formaliser pour ce genre de choses haha, je le lirais bien par curiosité. Merci pour le rappel :)

  9. J’ai toujours adoré lire. Par pur plaisir d’évasion mais aussi pour ce doux plaisir d’être baffée par des mots, des idées et des réflexions d’autres humains sur notre condition… d’humain.
    L’une de ces grandes baffes, c’était en 2004. Expatriée depuis ma naissance dans un pays lointain, je débarque dans mon pays natal (à savoir la Belgique) le coeur et les tripes éventrés. J’ouvre « Biographie de la faim » d’Amélie Nothomb. 2-3 pages qui décrivent ces « jamaisiens », ces gens qui ne pourront jamais revenir dans le pays où ils ont vécu.
    Ces mots sont gravés en moi tellement ils sont justes, concis et percutants. Ils sont devenus mon credo: qui veut saisir ma personnalité devrait passer par ces lignes.
    Merci pour ce joli concours et ta poésie.
    Elisabeth

    1. « (…) des réflexions d’autres humains sur notre condition d’humain », je trouve ça très joliment dit. J’ai frissonné en lisant l’histoire qui te lie à ce livre, on sent toute la force que cette lecture a suscité en toi. Pour ma part, j’ai lu beaucoup Amélie Nothomb aux alentours de mes seize ans mais il ne me semble pas avoir lu « Biographie de la faim », je pense que j’aurais retenu ce terme si particulier de « jamaisiens ».

  10. Très bel article, j’adore te lire, tu écris si bien !
    Pour ma part le livre qui m’a marquée est « Tous les matins du Monde » de Quignard. J’ai fait une première Littéraire et ma professeur de français (agrégée de grammaire latine, ancienne élève de Normal Sup’…) ne nous faisait lire que des romans classiques, des poèmes tous plus beaux les uns que les autres, des livres touchants… Mais elle nous a aussi fait découvrir des livres moins connus d’adolescents de notre âge. Ce très court roman mêle musique, amour, mort ; on y retrouve de très belles descriptions, la peinture est également omniprésente ce qui m’avait ravie ! Ce livre a fait l’objet d’un film (je triche un peu ?) que nous avons également visionné tous ensemble, avec d’excellents acteurs, de belles images. Il m’a permis de découvrir la viole de gambe, instrument que j’aime désormais beaucoup. Ce livre nous a rassemblés, mes camarades et moi-même, nous avons eu la chance de rencontrer l’auteur et nous avons partagés d’excellents moments. Cela reste pour moi un très bon souvenir :)
    Bises !

    1. Elle est belle ton histoire, un récit n’est jamais si beau que lorsqu’il est partagé. Alors si en plus il rassemble ! Le titre est de bonne augure en tout cas, j’en prends note :)

  11. Une jolie sélection et un joli concours qui m’inspire un billet (merci). Je raconterai le début de l’histoire ici, le reste fera l’objet sans doute d’un article, j’ai tant à dire sur la relation qui me lie aux livres et aux mots…

    Je dois mon amour de la lecture (d’où a découlé, je crois, ma passion pour les mots) à mes parents. Chaque soir lorsque j’étais petite, avant d’éteindre la lumière, l’un ou l’autre venait prendre place sur mon lit et me lisait l’un des livres de ma bibliothèque choisi avec soin. C’était un rituel auquel nous ne dérogions jamais (sauf les soirs où j’avais l’autorisation de me coucher plus tard, mais c’était rare). Ma plus grande punition c’était donc de me priver d’histoires. A tel point que j’avais demandé à ma maman de m’apprendre à lire alors que j’étais encore à la maternelle : « Comme ça, vous ne pourrez plus jamais me punir ! ». Elle m’a ainsi initiée à la lecture avec une méthode pour tous petits, Gaffi le petit fantôme. J’avais des vignettes avec des mots écrits dessus que je devais reconnaître, remettre dans l’ordre en suivant un modèle… etc… Ceci dit, attention, ce n’était qu’une initiation, j’ai appris à lire comme tous les autres en CP avec Ratus (ne va pas croire que j’étais surdouée ou quoi que ce soit, juste mordue des livres).

    Après ça, je n’ai jamais cessé de lire même si depuis que je suis dans le supérieur mon rythme s’est considérablement ralenti… J’en profite d’autant plus pour lire pendant mes vacances !

    Le livre (parmi d’autres) qui m’a particulièrement marquée est La Poursuite du Bonheur de Douglas Kennedy. C’était un été, j’étais chez ma grand-mère et un peu malade. Je passais donc mes journées sur le canapé. Il y avait ce livre sur la table de chevet de ma grand-mère, La Poursuite du Bonheur, que ma maman avait lu et adoré et qu’elle lui avait donc prêté. J’ai commencé à le lire et l’histoire m’a tellement transportée que je ne le lâchais plus. Lorsque j’avais mon livre entre les mains, plus rien d’autre n’existait et surtout pas mes problèmes. Ce livre m’a permis de passer une période pas rose et m’a fait découvrir l’auteur merveilleux qu’est Douglas Kennedy. Dont j’ai lu depuis tous les romans et attends toujours fébrilement chacune de ses nouvelles sorties en librairie.

    Bises

    1. Sacré Ratus ! Quant à l’apprentissage précoce de la lecture, tu ne devrais pas avoir à en rougir. L’école est ainsi faite qu’elle programme cet apprentissage aux alentours de six ans mais il est naturel que certains enfants manifestent bien plus tôt de la curiosité pour les signes à déchiffrer.
      Tu me donnes très envie de lire Douglas Kennedy, j’en ai entendu tellement de bien. Elles sont belles tes histoires en tout cas, au plaisir de lire la suite par chez toi :)

  12. Pfiou, la lecture, un merveilleux monde ! Comme pas mal de personnes, je lis depuis toute petite (mes frères sont pareils). Quand on était petit et qu’on allait chez des amis, mes frères et moi avions toujours un livre entre les mains pour nous occuper toute une journée, en silence mais dans un merveilleux monde. Je regrette désormais de m’accorder moins de temps pour lire maintenant (même si je me rattrape un peu en lisant tous les jours dans le train !).

    Le livre qui m’a le plus marqué… Difficile de choisir. Tous ont quelque chose de particulier, attaché à un souvenir/moment précis. Mais s’il ne devrait en avoir qu’un, c’est l’Alchimiste de Paulo Coelho. Quand je l’ai lu, j’étais un peu paumée dans ma vie. Je venais d’arriver au lycée, mal dans ma peau, avec quelques soucis de famille, un peu perdue par la transition entre le collège et le lycée, sans savoir ce que je voulais faire plus tard, etc. Un gros bordel dans ma tête. Ce livre a été une évasion totale, il m’a énormément inspiré et m’a permis d’aborder cette période un peu plus sereinement !

    Merci pour ce concours qui change un peu en tout cas, c’est vraiment chouette ! Bonne journée :D

    1. A lire ce genre de témoignage, je me dis que le pouvoir des livres est véritablement incroyable. J’en ai eu des frissons, sans mentir.

  13. C’est drôle, en lisant les commentaires précédents j’ai redécouvert des livres qui m’ont touchée à des moments de ma vie, et que j’aurais oublié de citer là tout de suite. « A la poursuite du bonheur », ce livre que j’ai du dévorer quatre ou cinq fois avec toujours la même passion, et « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans », j’avais convaincu ma prof de français de l’inscrire dans la liste des lectures obligatoires de l’année.
    Mais là, si j’avais du t’en parler seulement d’un j’aurais choisi « Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. Je l’ai lu quelques mois après tout le monde et j’en suis restée bouche bée, le ventre tordu, et surtout une furieuse envie d’écrire, moi aussi, l’histoire de ma famille bancale et douloureuse.
    Et puis je ne résiste pas, je ne peux pas laisser ce commentaire sans parler de « Nos étoiles contraires », qui parle si bien d’amour et de cancer. Je l’ai dévoré en une nuit, relisant plusieurs fois les pages pour m’imprégner de ces mots si justes.

    1. Depuis que je l’ai dans un coin de ma tête, il va falloir que je me procure « Rien ne s’oppose à la nuit » au plus vite, tu as achevé de me convaincre.
      D’autre part, le peu que tu livres ici à propos de ces quelques lectures me donne l’impression de cacher de grandes vérités. Je ne sais pas comment l’expliquer mais il émane de tes mots une belle intégrité. Merci pour ça.

  14. Il était une fois, Le dernier Elfe, le dernier de tous encore en vie, errant dans des contrées inconnues suite à la destruction de ce qu’on pourrait appeler un village et la mort de sa grand-mère. Il rencontre deux êtres au caractère impulsif et humain, qui vont le recueillir et l’aider, contre tous leurs préjugés et leur haine pourtant bien ancrés.

    « – J’ai connu cet endroit il y a très longtemps, alors que j’étais encore un bébé, commença le dragon.
    – Un nourrisson, corrigea le chasseur.
    – Un né depuis peu, améliora le petit.  »

    Nous entrons dans le monde de la tolérance et de l’écoute face à une naïveté désarmante et envoutante.

    Le livre commence par ses mots : « A mon père qui m’a indiqué le chemin, même s’il avait perdu le sien » et se termine sur un deuxième tome (Le dernier Orc), par ses mots : A toutes nos mères, imparfaites, colériques, insupportables, magnifiques, pour tout l’amour qu’elles nous ont donné, et pour celui qu’elles ne nous ont pas donné, lorsqu’elles étaient trop fatiguées et trop désespérées. (..) à tous les enfants des Orcs.

    Entre les deux, la douceur. On rit sur le premier, on pleure sur le deuxième. Et on grandit.
    Comme si on avait parlé, comme si on avait été écouté.
    Comme si l’on avait été réparé.

      1. L’auteur est psychothérapeute, ça joue dans le ressenti.. C’est un livre classé jeunesse, mais on se lisse vraiment prendre. Le premier est un bon livre, le second est bien meilleur encore.
        Il existe, en Italien, langue d’origine, le tome 3 et 4, qui n’ont pas été traduit en France (monde cruel..), mais quand on termine le tome 2 cela ne se sent pas, l’histoire est complète.

        Tu me diras ce que tu en as pensé, si tu le lis ? :)

  15. Bonjour, je participe avec plaisir, j’aime toujours découvrir de nouveaux titres. Il y a un titre qui m’a marquée, il y a de nombreuses années mais qui reste toujours dans ma mémoire, c’est la nuit sacrée de tahar ben jelloun.
    Merci pour ce jeu.

  16. J’ai lu des brassées et des brassées de livres en tout genre. Les livres peuplaient ma solitude d’enfant, étanchaient ma soif d’ailleurs, me permettaient de m’évader.
    Je me suis souvent demandé quel était mon préféré, ou lequel m’avait le plus marqué. Je n’ai pas encore trouvé la réponse.
    Mais il y en a un qui a changé ma vie, c’est celui à qui j’ai consacré une thèse, qui m’a permis d’obtenir mon diplôme, et donc ma liberté, c’est L’empire du Soleil de J.G. Ballard. Il garde donc une place très particulière dans ma vie.

    PS J’aime beaucoup, vraiment beaucoup ce billet.

    1. Les histoires analysées de fond en comble ont toujours cette saveur si particulière. Pour ma part, ça n’était pas un roman, mais le Logbook de Christian Dotremont. Ca a été une sacrée épreuve mais une épreuve passionnante, même s’il me faudra un peu de temps avant de revenir à ses logogrammes avec un regard réellement apaisé.
      Je note en tout cas la référence !

  17. Bonjour,
    Quelle belle idée! J’ai pris autant de plaisir à lire ton billet que les commentaires qui en découlent!
    Pour ma part, pas de livre qui aurait pu changer ma vie, ou me révéler à moi-même, ou quelque chose d’aussi romantique que cela.
    En revanche, deux lectures qui m’ont marquée:
    – Le monde selon Garp de John Irving, lu à la suite d’une hospitalisation à un moment ou je dus rester allongée sur mon canapé pendant 1 bon mois d’été; un genre de rite initiatique puisque John Irving était à l’époque l’auteur préféré de mon grand frère, en le lisant je devenais moi aussi adulte; par l’épaisseur du livre aussi, première fois que je lisais un pavé. Un livre que je recommanderais aux adolescents, à la fois drôle et passionnant, l’histoire d’une vie, celle de Garp, de sa naissance à sa mort.
    – Jane Eyre de Charlotte Brontë; lu dans la foulée je crois, à l’automne suivant. Ma première grande histoire d’amour littéraire. Je me souviens en avoir lu des passages entiers assise au bord de ma fenêtre de préférence par temps pluvieux, avec une tasse de thé brulante à portée de la main, comme pour mieux me projeter dans la lande anglaise où se déroule l’histoire. Je me souviens également m’arrêter et relire plusieurs fois ce passage d’un romantisme absolu, avec des papillons dans le ventre, ralentir ma lecture pour ne pas arriver trop vite au bout. Quitter ce livre a été un réel déchirement.
    Bonne journée, et bonnes lectures!

  18. Je suis en train de lire « Le premier amour » de Véronique Olmi. Vraiment pas mal. Quelques longueurs comme souvent dans les bouquins mais au-delà de ceci l’histoire me touche. Une nana quitte sur un coup de tête son foyer pour un périple dans lequel elle aimerait retrouver son amour d’enfance. Elle a 40 ans à ce jour et repart dans son passé. En le lisant je me rends compte que trop souvent on écoute notre raison et pas assez notre coeur. Cette nana s’est mise dans un mariage de raison et finalement elle en souffre. On sent qu’elle est passée à côté de sa vie…

    J’ai lu sur un blog une réplique qui me rappelle un peu tout ça :

    Le jour où je me suis vraiment aimé…
    J’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
    Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient
    Un allié précieux.
    Cela s’appelle savoir vivre

    ALors voilà ce que m’apporte ce livre : il m’ouvre les yeux sur les déceptions des autres et me faire prendre conscience que l’on est seul maître de son destin.

  19. Bonjour,

    Je viens tout juste de découvrir ton blog et j’aime beaucoup ton univers.

    Les livres m’accompagnent depuis que je suis toute petite, quand ma mère nous racontais l’histoire du soir.
    J’ai beaucoup lu mais je ne me rappelle vraiment que de peu de livres. Il y a un livre que j’ai lu en terminale sur les conseils d’une amie et qui reste ancré dans ma mémoire depuis, c’est « Dans la peau d’un noir » de JH GRIFFIN.

    Merci pour le concours !

  20. Je participe à l’échange simplement par plaisir d’avoir lu tous ces commentaires et pour te dire le livre qui m’a le plus marqué !! C’est drôle d’ailleurs car je croyais être une des seule à qui ce livre avait fait cet effet, mais quand j’en parlais autour de moi, beaucoup de personnes l’avaient lu et adoré, et même le directeur d’Air France Bordeaux m’avait confié que c’était son livre préféré, je n’en reviens toujours pas d’ailleurs.

    J’aimerais beaucoup le relire aujourd’hui, pour voir s’il me provoquerait encore cet effet. J’ai pleuré à la fin du livre et cela ne m’arrive pas si souvent, mais surtout j’y pense encore. C’est comme si ce livre m’avait fait comprendre quelque chose d’important. Ce livre c’est Narcisse et Goldmund d’Hermann Hesse.

    Je me rends compte que je n’ai pas beaucoup lu, comparé à de nombreuses personnes, mais les livres que j’ai lus sont presque tous gravés en moi, c’est amusant.
    Dans l’adolescence, il y a eu Bonjour Tristessede Françoise Sagan qui m’a beaucoup marquée.
    Plus tard, le Diable au corps de Raymond Radiguet lui aussi je l’ai lu d’un trait.

    actuellement je lis plus des livres bouddhistes, mais parfois j’aimerais bien lire un roman fort qui me prendrait aux tripes, je suis devenue difficile et si tu en as un à me conseiller, je suis preneuse.

    Récemment j’ai quand même lu le Journal d’Hélène Berr, c’est triste, mais très bien écrit.
    Bises

    1. Je note tout ça précieusement, la manière dont tu en parles est très jolie et je n’ai lu aucun de ces trois là. Parmi mes derniers coups de coeur, il y a Le coeur cousu de Carole Martinez si ton coeur à toi te dit :)

  21. Bonsoir,
    Je trouve le « cadeau » sympa et original et ta sélection de livres pertinente…
    Tous les livres que j’ai lus ont changé ma vie et j’ai le même vécu que toi: j’ai tout dévoré dès que j’ai su lire sans aucune contrainte: vieux français, romans épiques, contes, bluettes d’enfants…
    Le dernier à m’avoir marqué est la saga Millénium: magique, envoutant, dérangeant. J’ai mangé les 3 tomes en 6 jours, un record.

    Et « l’échappée belle » d’Anna Gavalda me revient: elle a toujours su parler à mes sentiments profonds, romanesques, romantique et sentimentale, bien en dessous de ma personnalité affichée, brute, frontale, secrète et directe.
    Le livre est superbe.

    Le dernier que j’ai lu d’elle c’était « La vie en mieux », récit en deux histoires séparées. La deuxième m’a séduite: un jeune homme dans une vie routinière, qui change en une soirée magique. Une envie d’absolu, de se reconnecter à lui même, d’être mieux, d’être plus vrai.
    J’ai su que mon choix de reprendre mes études était le bon, le seul qui me mènerait là ou je voulait aller et non plus dans cette vie de petits boulots alimentaires.

    Merci pour l’article, il m’a fait me rappeler de belles choses, on en a besoin des fois.

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