Ces jours gris (qui n’en finissent pas)

liv

Gris souris, humeur perchée dans les nuages, l’esprit léger. Pousser la porte du bouquiniste, sortir les bras chargés d’histoires peut-être belles pour trois fois rien (le bonheur d’acheter en seconde main pour ne jamais rien garder, le souhait de poursuivre la boucle ensuite, offrir chacun de ces livres à celui, à celle, à qui ils plairont « c’est certain »). Enfiler un pull d’hiver (le plus doux) mais rester les pieds nus (toujours, par tous les temps), allumer un nombre impair de bougies, les glisser dans les pots de yaourt Bonne-Maman, faire résonner Bach ou Mozart, violoncelle ou piano, s’installer dans le canapé blanc, saisir un roman et perdre avec le plus grand des plaisirs toute notion du temps.
Gris bitume. Envies d’ailleurs. Parcourir l’atlas à quatre mains, carte de France, pas bien loin. S’y voir, sur les routes, à longer la mer, du sable dans les cheveux, du sel sur la peau et rien que du ciel autour, rien que l’immense ciel blanchi par la lumière de midi. Décompter les jours, sans trop se l’avouer, rêver de décamper.
Gris anthracite. La colère, l’impuissance, le grand débordement, la fatigue, le sel sur les joues. Mais. Mettre à l’épreuve la pleine conscience, déjouer les mécanismes, tromper les automatismes, inspire-expire, le coeur qui bat, la chair de poule, les épaules raides, les pieds froids : je suis là.
Gris petit rat. Tennis blanches et robe noire, mêler les teintes dans une danse folle, sautiller, tourner, rire rire rire et valser. Le soir venu, danser encore sous un ciel de presque orage, au beau milieu de la Grand-Place, le sourire aux oreilles, le coeur tout contre lui.
Gris minimal. Faire le tri là où l’on ne s’y attendait plus. Il me semble que cela fait des années que je vide, petit-à-petit, les étagères, les armoires, les placards, qu’il y en aura toujours trop, même s’il ne reste là, à vrai dire, que l’essentiel. Less is more. A donner. A vendre. A jeter. S’alléger toujours un peu plus pour vivre toujours un peu mieux.
Gribouillis. Faire entrer les couleurs à renfort de grands sacs de coton blanc cassé qui débordent de trésors de saison. Rouge, orange, jaune, vert, violet. Que l’on ne s’y méprenne pas, les fruits qui coulent le long des doigts et colorent les lèvres d’écarlate ont bien le goût de l’été.

fr march

Les jours gris nous barbouillent et s’amusent à nous perdre dans le brouillard. Mais c’est si bon de se prendre à leur  jeu quand on sait que le soleil revient toujours, c’est promis !, à la fin.

Advertisements

2 comments

  1. J’ai bien aimé cet article. Il y a toujours ce sentiment paisible qui accompagne la lecture de tes mots et reste en passager discret encore quelques temps après que la lecture soit achevée. C’est peut-être ce qui rend ton blog si agréable…
    Bises

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s