Mes petits souliers

Saint-Nic3

J’ouvre les yeux dans le noir de décembre. Peut-être est-ce déjà le matin, peut-être est-ce encore la nuit ? Mes tout petits yeux trahissent le manque de sommeil de la courte nuit qui vient de filer sous mes draps. Mais dans le noir, personne d’autre que moi ne le saura. Que j’ai dansé toute la nuit en cherchant aux quatre coins de la chambre jaune le marchand de sable, le priant de faire venir demain un peu plus vite. Que j’ai prié pour ne pas qu’il me surprenne éveillée à l’heure où les maisons du monde entier dorment sur leurs oreilles de toutes les couleurs. Que mon coeur battait plus fort qu’à l’ordinaire sous ma peau d’enfant, fine comme la peau du pudding à la vanille préparé à quatre mains avec mon père.

Au bout d’un moment qui me semble infini, je rejoins mon tout petit frère aux cheveux blancs sur le palier. Perchés en haut de l’escalier, l’impatience nous monte à la tête comme une drogue douce mais indécente. Ensemble, marche après marche, nous glissons le long du grand escalier, le petit loin devant, comme toujours, assurément. Et lorsque la porte s’ouvre, je n’ai plus de coeur, ni de raison, c’est mon corps tout entier qui valse de bonheur. Du bonheur d’avoir attendu un an de géant pour revivre ces papillons fous dans le ventre, le chocolat plein la bouche et l’odeur des clémentines sur le bout des mains.

Joyeux 6 décembre !

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