Tout quitter en trois leçons

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Tout commence – Aéroport de Bangkok, 05.11.12

Il y a un an, G. et moi nous envolions vers l’est pour quatre mois. Je venais d’obtenir mon diplôme, G. s’ennuyait dans son boulot et on avait tous les deux des fourmis dans les yeux et les pieds. Un soir, il est rentré de sa journée de travail comme cinq soirs par semaine. J’ai dit « Et si on partait pour ce grand voyage dont on parle depuis des années ? C’est maintenant ou jamais, on a tout à gagner à aller voir ailleurs. » Jusqu’alors, on parlait d’un tour du monde comme d’une douce utopie, de la même manière qu’on énumère toutes les choses qu’on réaliserait si, ce soir, on avait dans les mains le ticket gagnant du tirage Euromillions.

On a fait nos comptes, je n’avais pas d’argent. On a dit « Partons suffisamment longtemps que pour déconnecter complètement mais dans les limites d’un petit budget » « Quatre mois, c’est bien, c’est très bien ». On a pris le grand Atlas dans la petite bibliothèque grise et on a choisi l’Asie du Sud-Est. Deux jours plus tard, on réservait nos billets d’avion. Il me restait trois mois et demi pour trouver de l’argent, chercher des locataires pour notre appartement, faire les vaccins et caser ma petite vie dans un sac-à-dos.

Voici trois choses que ce projet m’a inculquées et qui me suivront toute ma vie :

Les grands projets donnent des ailes

Si vous avez de grandes et belles idées en tête, n’attendez pas que toutes les conditions idéales soient réunies pour vous lancer. Sautez maintenant ! Une fois dans le tourbillon, vous trouverez en chemin les moyens de les réaliser. Une fois l’avion payé, mon compte en banque n’affichait plus qu’un petit nombre à deux chiffres. J’ai accepté tous les jobs qui se présentaient à moi, je combinais un job d’étudiant à plein temps dans des bureaux avec quatre à six heures de cours particuliers par semaine, j’ai servi des sandwichs dans une pompe à essence pendant dix jours et trouvé une mission intérimaire de deux mois. J’ai travaillé jusqu’à l’avant-veille de mon départ et ai pu réunir suffisamment d’argent que pour profiter de mon voyage sans me frustrer. Je n’ai jamais été aussi productive qu’en cette période ou la simple idée du voyage me donnait littéralement des ailes, le sourire en bonus.

C’est tellement bon de vivre avec trois fois rien

Le minimalisme m’est familier depuis quelques années. Pour autant, la perspective du départ m’a fait passer à la vitesse supérieure en matière d’élimination. Vider son appartement et la meilleure occasion pour faire le tri. J’ai trié ma bibliothèque en trois cartons : à vendre, à donner, à garder. Le troisième était de loin le plus petit. Pareil pour la garde-robe, les papiers administratifs, la cuisine. Bien sûr, nous n’étions pas obligé d’éliminer de nos vies ces choses futiles de manière si radicale. Mais le fait est que j’adore ça. Le 5 novembre 2012, nos sac à dos respectifs pesaient 12 kilos chacun. Tout est tellement plus facile quand on voyage léger, et quel temps gagné ! Avoir trois fois rien sur le dos, c’est pouvoir se dire « Et si on partait pour une boucle à moto de quatre jours ? » et partir pour cette aventure le lendemain matin sans se soucier de rien.

Tout quitter, c’est facile

Embourbés dans nos routines, on peine parfois à voir clair dans l’immensité des possibilités qui s’offrent à nous. En vérité, peu de facteurs nous empêchent de sauter à pieds joints dans nos rêves fous. Ou du moins, moins de facteurs que ce que l’on imagine. La peur, la honte, le sentiment d’illégitimité, le manque d’argent ou de confiance en soi nous font construire fébrilement des barrières tout autour de nous pour nous protéger de ces menaces tout droit sorties de notre imagination. On trouvera toujours des excuses pour repousser les projets à demain. Mais cela nous rendra-t-il plus heureux ? Explorez vos limites, quelles qu’elles soient, vous verrez comme c’est facile une fois qu’on est de l’autre côté.

Alors, qu’attendez-vous pour sauter ? :)

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8 comments

  1. J’adore ton article et c’est tellement vrai ce que tu dis!
    D’une manière générale et même lorsqu’il ne s’agit pas de « tout quitter » à proprement parlé, on se met tellement de barrières! Bref, merci pour cette bouffée d’optimisme et pour ces bons conseils!

  2. Très bien écrit. Je suis moi-même à la fin d’une année « sabbatique » en Australie et ne regrette pour rien au monde. Et le minimalisme est bien quelque chose que j’ai appris à apprécier et veux garder dans ma vie!

  3. Je suis dans une période de ma vie ou je me cherche. Je ne suis pas heureuse pour le moment. J’aspire à autre chose. Mon boulot ne me plaît pas et j’étouffe un peu à Bruxelles. J’ai 24 ans et j’ai l’impression que c’est le bon moment pour faire un grand voyage. Mais j’ai peur. Ton article me fait du bien. C’est vrai, qu’est-ce que j’attends pour me lancer ?

    1. 24 ans, c’est exactement l’âge que j’avais quand je suis partie pour ce voyage de quatre mois. La plupart des limites qui nous empêchent de faire ce genre de saut sont des limites qu’on s’invente de toutes pièces. Tu as tout à gagner à oser :)

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