Ma simplicité volontaire

framboises

LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE : C’EST QUOI ?

La simplicité volontaire est un choix de vie qui prône un mode de consommation raisonné et responsable, un relatif désencombrement ainsi qu’un retour à des valeurs jugées essentielles en regard de celle, éphémère et instable, dite « matérielle ». Elle peut s’entendre comme une réaction plus ou moins consciente au modèle de surconsommation qui prévaut aujourd’hui dans les régions industrialisées. Face à la généralisation de l’excès et de l’éphémère qui tendent à guider nos comportements au quotidien, elle oppose la quête d’un équilibre sain entre l’homme (soi) et son environnement.
Alors que dans nos garde-robes s’entassent saison après saison une foule de vêtements de piètre qualité dont on peine à se débarrasser (le syndrome du « au cas où », cette plaie), que nos placards débordent d’aliments modifiés sur-emballés, que sur nos étagères des bibelots-souvenirs prennent la poussière et que la déco de nos maisons change au rythme des collections Ikea, il peut arriver que l’on ressente un certain vertige en faisant le compte de ce que nous possédons et ingérons sans trop de discernement. Selon les principes de la simplicité volontaire, chaque objet possédé pèserait sur notre inconscient du fait qu’il suppose un coût et nécessite de l’entretien ou, plus simplement, de la place dans notre espace de vie. L’accumulation agirait alors comme une chape sous laquelle chacun est susceptible, un jour, de suffoquer.
Si beaucoup rêvent d’une grande maison pour y entreposer le butin de toute une vie, rien ne m’angoisse davantage qu’une cave ou un grenier débordant de souvenirs amassés. Mon appartement n’est pas bien grand, mais la faible quantité d’objets qui le meublent suffit à lui donner, à mes yeux, des airs de château. Pour autant, il est loin d’être vide ; simplement, chaque élément s’y trouve pour de bonnes raisons.

LA SIMPLICITÉ ET MOI

Avec les années, j’ai pu mettre des mots sur ce sentiment d’oppression qui entravait ma créativité, ma productivité et ma confiance au quotidien. Pour palier à cette forme d’intoxication, je me suis progressivement délestée de nombres d’objets et ai naturellement canalisé mes impulsions en matière de consommation. Ayant récemment achevé des études littéraires à l’université, je ne compte plus qu’une trentaine d’ouvrages dans ma bibliothèque dont deux romans qui n’y feront, c’est sûr, pas de vieux os. Les centaines d’autres livres ont été vendus ou donnés ; le reste pèse le poids de ma carte de bibliothèque qui me permettra d’abreuver ma soif de lecture pendant quelques années au moins. Je ne possède plus le moindre cd ou dvd, leur préférant largement les possibilités infinies proposées par mon abonnement Spotify. Même si j’estime que le pôle « habillement » est celui sur lequel il est le plus difficile d’agir, j’ai identifié avec le temps les enseignes qui, selon moi, proposent des vêtements qui cumulent belles coupes, matières de qualité et prix raisonnables. Et si je n’ai pas porté l’un d’eux pendant plus d’un an (je ne suis pas infaillible), je donne ou je vends sans aucune hésitation. Il n’y a (presque) pas d’objets de trop dans mes armoires, je n’ai pas d’étagères où s’entasseraient des babioles inutiles et la plupart de mes documents sont numérisés. Enfin, j’achète très peu de produits transformés et prends un plaisir fou à cuisiner et manger légumes et fruits de qualité. Si cela peut sembler excessif, ces habitudes font pour moi l’objet d’une relative nécessité – dans le fond, ce n’est qu’une question de priorités.

QUALITÉ VS QUANTITÉ

Privilégier la qualité par rapport à la quantité, c’est se donner les moyens de jouir pleinement de ce que l’on choisit de consommer. Ce processus s’est mis progressivement en place dans mon quotidien sans aucun effort ressenti tant ce mode de vie résonnait en moi comme une évidence. Je n’ai d’ailleurs que tardivement pris connaissance de l’expression « simplicité volontaire » qui n’existe que pour identifier une vague de nouveaux consommateurs ayant pris conscience du poids de l’excès tant sur leurs vies privées que sur l’environnement.
Il y a autant de manières de vivre la simplicité volontaire (j’insiste tout particulièrement sur la notion de choix, par opposition à la notion de simplicité imposée pour raisons économiques) que d’individus qui y adhèrent. Ce mode de vie ne rime pas nécessairement avec ascétisme, privation et renoncement : chacun place son axe d’équilibre selon ses propres besoins et réflexions de manière à parvenir à un accord entre ses valeurs profondes et son environnement.
De l’individuel au collectif, même combat ? Selon moi, il ne s’agit en aucun cas d’une quelconque forme de régression : au contraire, faire le tri et apprendre à ne plus craindre le vide sont les meilleurs moteurs de l’innovation et il convient de profiter des progrès techniques et du confort moderne pour avancer. En ce sens, je pense qu’il serait fâcheux de précipiter l’amalgame entre décroissance et simplicité – bien que le débat soit susceptible d’aboutir à d’intéressantes observations.

LA VIE COMME UN 1ER JANVIER PERPÉTUEL

Me libérer de la dépendance matérielle, élaborer des listes pour apprendre à définir mes priorités, désencombrer mon esprit, vivre dans un environnement qui fasse autant de bien à mon corps qu’à ma tête sont autant de préceptes que je mets en œuvre naturellement au quotidien. Plus je donne, plus je jette, mieux je consomme et moins je possède, plus je me sens légère et libre de tout commencer.
Et vous, vous reconnaissez-vous dans ces choix ? Peut-être avez-vous tenté à l’instar d’autres blogueuses le défi « Perfect Wardrobe » inauguré par DeadFleurette en 2010 ? Etes-vous parvenues à maintenir le cap sur la longueur ?
Et voici quelques liens pour prolonger la lecture si le sujet vous intéresse :
Le blog de Joanne Tatham : http://vie-simple.fr/
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